Blog > Stations et lies

Le 14/11/2008 à 14:53

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J'ai laissé la déclivité des caveaux

Ma chevelure avance en bord de mer

Non pas je suis sorti des eaux

Non pas je suis - peut-être - sorti dans le sable

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La nuit sommeille toute vive en mille palmes de soleil pintées et ivrognes

Là-dessus je passe de liane en liane et me danse, donne, traverse, lance moi jette à la mer

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La forêt (forer, forare, for,...) c'est celle où de la parole ne se dit pas, et qui parlera si percée, et qui percée sera, aussitôt et sans remède, sans non plus avoir émis aucun son, muette. Le son que la forêt émet est ce-lui là du silence, à l'oreille de l'être qui n'entend que le discours - ce-lui là n'est rien. A l'oreille de l'être qui n'entend rien du discours, "ce-lui là" est tout, et même trop plus que tout. La forêt est un modeste magma de paroles inouïes, que la forêt ne dit jamais sans cesser aussitôt d'être forêt.

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Ciel : caelum. Voûte (céleste). Voûte : volvere : rouler, faire rouler. Deus, deungo, deuro, etc…

Dieu : l’onction du ciel qui se roule et par-là se fait ainsi qu'est dieu.  Onction d'où tout "le reste" s'éteint, spontanément consumé. Dieu est le phénomène le plus global de la perception immédiate. Dieu est perception. Dieu : phénoménologie la plus pure, ou la plus simple, du monde physique. Tout ce qui sort de ce registre phénoménologique physique, est autre et n’est pas Dieu, au pire est subordination et aliénation de l’infini à Dieu comme Registre.

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J'ai laissé la déclivité des caveaux

Ma chevelure avance en bord de mer

Non pas je suis sorti des eaux

La Nuit sommeille toute vive en mille palmes de soleil bien pintées et ivrognes

Et le seul geste d'écriture calme les kératines secouées ou crissantes

Là-dessus je passe de liane en liane et me lance, donne - je me jette à la mer

D'un cri rauque et strident répété, puis humain, là, enfin,

Ma Joie pleine, humaine, vive déséternisée !

Ô Ciel ! caelum ! Voûte roulée ! Deus et deuro

Un temps je fus encore parfois Dieu : l'onction du ciel qui roule, roule, jusqu'à la bonne courbe, et ainsi aime s'aimer et l'amour et aimer, mais répudie l'étoile. Un temps je fus encore parfois Dieu : le phénomène parfait de ma globale célérité. Un temps je fus encore parfois : perception ! Ma pure, ma simple, ma physique perception...

Enfin, je fus demain, et ce fut un jour qui me tire plus loin sans être jamais. Joie !

Vis, vécus, vivrais ou vivrai (certaines ignorances réjouissent) cent rouleaux colorés et mes lignes de saule-sequoia vainqueur, qui en croisent ainsi mille, et mille visages de carême, et cent vingt de furies étonnées, et des légumes et des fruits sans tuteur ni semence. Ma course va pleine, hallucinée, étonnée, mais jamais surprise, et je passe de liane en liane, et puisque mille phoenix sont les mille tissus divergeant qui nous confectionnent, j'ouvre ma voix à la mer, qu'il en sorte les paroles tues dont je ne saurais parler, celles-ci qui bisent et brisent, et soudoient la dague sous la veste, et qui chantent pour la nécessité des Danaïdes au tonneau, et celles non tues mais qui me sont un pré d'or à dire

 

Le masque absolu c'est d'être soi

 

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