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  • Disparité 3

    Le 10/08/2009 à 11:38Commentaires (0)Ajouter un commentaire

     

     

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    Pris au piège de la confiance perdue, « a-trappé »; privé d’attester d’une relation nouvelle à soi-même comme aux choses. Coupable, on est ficelé au passé… - La prison ce n’est rien d’autre, que ce lieu virtuel du temps passé : le lieu où l’on fait demeurer un moment, celui de la faute commise qui, n’ayant plus de réalité actante mais continuant cependant à être, à avoir une vitalité quoique à rebours, nécessite qu’on lui fabrique de toute pièce son espace. La prison c’est l’espace construit dans l’étendue pour recevoir un passé qui n’est plus actant, la contre-partie publique à la survivance interne de nos douleurs passées; la conservation, voire la préservation (comme une réserve ou un parc préserve, comme un Musée conserve, restaure, préserve de ce qu’il y a de fuyant dans le passé), de notre douleur, et de la temporalité comme étant exclusivement : passé. La prison est un espace pur de ressentiment.

     

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    J‘entends ici par « philosophie » la science du temps (ou de l’éternité, ou de l’intemporalité temporelle, ou de l’événementialité éternelle… etc.) Mais pas la science spatiale du temps. Le transfère public de la philosophie réclamerait une certaine spatialisation, et peut-être la philosophie tomberait-elle dans les filets d’une confusion avec l’analyse grammaticale des règles et l’inventaire. La philosophie, avec la mystique et la poésie, tient sa singularité du plein cœur du devenir. Aussi la philosophie est-elle toujours changement. Or l‘analyse ne change rien. Le passage de la philosophie à l‘espace public, c‘est la politique, dans son sens le plus digne. Le passage de la philosophie à la vie, c’est la patience… Fin de note… Je craque, mon crâne se brise. Ca doit être mes problèmes... Je n’ai pas mal, je ne tiens pas la vie.

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    Certains ne considèrent autrui qu’au travers d’actes entendus comme des réalisations psychologiques intentionnelles (ou, plus récemment grâce au martèlement de la psychologie et du faussaire Freud, pulsionnelles). Hormis cela autrui ça n’est rien. Si bien que beaucoup de ceux qui habitent dans un tel espace ne comprennent pas grand-chose à la Nature, voire sont hallucinés par elle (ou bien ils y voient à l’évidence l’absence d’intentions psychologiques et donc ne comprennent pas « ce que c’est » ou « ce qui se passe » - ils ne comprennent pas ce qu’ils voient; ou bien, des intentions psychologiques ils en inventent des tonnes ou, pour les meilleurs, des tomes). D’autres en revanche seront passionnés par la Nature. Parce que considérer l’autre comme nous l’avons proposé, c’est bien entendu classifier. On peut dire des « naturalistes » qu’ils sont dans une telle conception du monde.

    Ces individus sont individus du jugement, habitant dans le « monde » du jugement. Et ils me fascinent.

    Celui qui habite dans le jugement ne perçoit, dans la Nature fourmillante, que les enveloppes, que les coquilles, et de ces enveloppes et coquilles que celles animées d’intentions psychologiques. C’est un peu comme si, suite à une lobotomie, un non possumus cérébral lui empêchait de percevoir autre chose. Il habite un monde qui n’est que d’actes humains, et d’actes qui n’existent réellement que lorsqu’ils manifestent du mot ou du geste distincts en bien ou mal. Celui qui habite le jugement habite le monde exclusivement humain de l’homme, ex nihilo. C’est un peu comme s’il habitait une plate-forme environnée par rien, et sur laquelle ne se tiendrait rien d’autre que des contours flottant de corps intentionnels, seuls au milieu des fabrications humaines - rues, immeubles, jardins, gares, sculptures, monnaies, etc. (fabrications humaines qui ne sont d’ailleurs pas autre chose que la « plate-forme »). En quelque sorte, ils ne conçoivent et n’envisagent la Nature que dans l’angle d’une anthropologie idéale, de telle sorte qu’ils n’y peuvent trouver que de l’humain. - Kant habite un tel monde; sa Critique de la raison pure pourrait être renommée Eclairage de l’humain pur.

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    Certains de nos rêves, certains de nos désirs, même et surtout les plus sincères, dès lors qu'on en fait état, peuvent ressortir comme de véritables clichés et prêter à sourire. En ce qui me concerne ces rêves sont pour la plupart faits d'émotivité naïve associée à une condition simple de l'existence. Ils sont tout à fait dénués de démesure (à moins que le voeu de simplicité ne fut outrecuidant au regard du monde hyper-activiste où l'on nous force à prendre le bain). Tout sourire qu'ils soulèvent, ces rêves sont les poumons de notre imaginaire. Ils sont des rhizomes de visions tournées vers le dehors, l'enchantement perpétuel de nos projections vers l'avenir, la meilleure source d'enracinement pour notre volonté dans l'action présente.

    Je pense à cela car, j'écoutais les Moody blues, Dust in the wind (nous sommes en août, il est six heures, le soleil n'a pas encore paru mais le ciel rosit) - je me voyais tout à fait, assis dans un rocking-chair, sur le perron d'une maison basse tout de bois, au coeur d'un berceau de montagnes jeunes où coulerait une longue prairie fleurie de cosmos, bordée d’épicéas et de sapins, saisi dans ma chaise par un souffle frais et continu de lumière. J'écouterais justement ce morceau des Moody blues. Mon frère me ferait l'heureuse surprise de sa venue. Nous nous assiérions un temps ensemble pour parler de la lumière et du ciel, puis partirions marcher dans la montagne jusqu'à la tombée du jour.

    Si certains de nos rêves peuvent prêter à sourire, leur réalisation a quant à elle un effet autre, qui se pourrait comparer à celui d'une jarre soudainement parue dont nous pourrions partager le contenu, boisson comme une ambroisie qui en termes d'humain serait en quelque façon simple une liqueur de joie. - Je n'ai pas le moindre complexe envers mes désirs et mes rêves; quand bien même ils ne se réaliseraient pas, je peux dire que j'habite déjà si bien en eux et qu'ils habitent si bien en moi que je les suis déjà et qu'ils sont déjà là - sans être l'air que je respire je suis en toute part oxygéné, et cette oxygénation est pour mon corps la plus favorable réalisation de l'air.

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    Pour écrire, il m'est un effort incontournable qui est de désapprendre le langage de mes lectures surmâchées. Par exemple : le Néant entendu chez Bergson comme une négativité produite par un acte de la conscience. - J'avais comme mise cette interprétation dans un tiroir, dans l'attente d'une mieux apparentée à mes intuitions personnelles. Mais pendant le laps de temps écoulé entre cette mise au placard de l'idée de Bergson et la compréhension désormais un peu mieux éclairée de ma propre intuition, j'avais pour ainsi dire laissé ouvertes les portes du placard, si bien que sans plus trop savoir comment me débrouiller de ce Bergson dépossédé de lui-même je recherchais l'explicitation de mon intuition du Néant mais avec cette pensée d'un autre assise en moi comme un préalable automatique. Aussi je bloquais, car cette prédisposition bergsonienne de mon esprit m'empêchait l'indisposition nécessaire pour l'évocation propre à mon intuition. - Ce que j'avais mis de côté, je l'avais suivi et m'étais assis dans le placard avec; je n'avais d'autres paroles à la bouche de ma pensée que celles inappropriées de Bergson, et qui plus est malmenées par plusieurs années d'une difficile réclusion en moi.

     

    Ce qui m'est le plus compliqué à décider, voire le plus impossible, est de savoir depuis quel point de vue j'écris : celui du Je, du Nous, du Il, de l'impersonnel... Je m'empêtre à ce sujet dans des complications et des spéculations pas possibles, qui m'épuisent, me désespèrent ou bien me font fortement rire : « je » ne sait pas.

     

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    . J'appelle « Le Monde » la Nature en tant qu'unité totale.

    . J'appelle « Nature » l'infinité matérielle.

    . J'appelle « monde » un ensemble d'éléments présentant une exclusivité de caractères communs. Un monde n'est jamais une unité totale et définitive (bien que de l'intérieur il puisse paraître ainsi). Un monde est de la Nature; la Nature est une infinité de mondes.

     

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    Aquatique aérien : Anaximandre et note sur L’éternel retour. - Se pourrait-il que la Nature (comme totalité de la circulation de Vie et totalité de la multiplicité infinie des « mondes ») soit une affaire aérienne? Je veux dire : se pourrait-il que la Nature soit en intégralité une affaire de pression entre un nombre infini d'éléments dont l'exclusive tendance « interne » (c’est-à-dire relative aux corps fugitivement organisés par la pression, selon une durée de vie relative à…) serait à la dissipation, laquelle dissipation serait dévoyée par la pression exercée de tous les éléments entre eux? - (Le dévoiement susdit condenserait l'aérien en une substance plus proche de l'aqueux, en quoi résiderait la phase initiale de sédimentation et solidification - individualisation). D'un côté : de la pure pression entre éléments, de l'aérien; de l'autre : une dissipation empêchée, de l'aqueux. - De là : la nappe, le flux de l'être comme devenir.

    S'il y a pression, c'est que la Nature est oppressée par un « hors d'elle-même ». Or, s'il n'y a, et c'est ainsi que je l'entends, rien d'autre que la Nature, alors ce qui oppresse la Nature est « rien » (« rien », alors, comme une pression absolue du « dehors »). - Par ce « rien » (théoriquement indéfectible ou bien éternel - ainsi que, par suite, la Nature; à moins que « rien » et Nature s'interpénètrent), qui exerce une pression a priori indéfectible ou bien éternelle sur la Nature, la dissipation des éléments est « en réalité » l'infinie mise en rapport de compositions toujours différentes et singulières (décomposition-recomposition); deux éléments absolument identiques ne peuvent voir le jour dans cette Nature (ils ne le peuvent ni en espace ni en temps - espace et temps qui n'ont d'ailleurs plus grand sens dans une pareille Nature, étant littéralement explosés à la circulation elle-même, qui est seule).

    Aucune répétition. - Une répétition ne serait possible que dans un système combinatoire limité en ensembles et dimensions, après l'épuisement total de toutes les combinaisons. Or ces combinaisons étant infinies, n’étant pas des combinaisons mais des rapports d’émergences fugitives toutes distinctes et toutes assimilées à la seule nappe, la répétition ne serait possible qu'après épuisement de l'infini par lui-même, et l'infini ne peut être épuisé tant qu’il demeure tel et limité par lui seul. Mais, - si un tel épuisement se produisait, la répétition en serait une à l'absolu identique. Il s'agirait d'une répétition qui se différencierait par l'identique. Alors, s'agirait-il de la Même Nature? - Il ne s'agirait plus exactement du Même, mais de l'infini s'infinissant plus encore, il s’agirait d’une essence particulière, la persévérance, ou persistance. Quoiqu’il en soit, la répétition à l’identique de l’infini devrait finalement encore plus puissamment témoigner de son infinitude et infinité.

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    Production d’un rêve. Pensée ahurissante ! - La parole est initialement du vide, l'absolu vide au dehors de la Nature hors de laquelle il n’est rien (ce rien qu’il y a, et rien est cela que « l’il y a »). Cet absolument vide arrive, par nous (notre corps en est la force), dans le monde et la Nature qui sont tout entière matière, où rien de vide n'a lieu. C'est la pression de ce vide exercée sur la matière qui de ce vide fait de la parole. Dans le langage de Spinoza, - la parole, alors comme expression du vide, est le mode du vide, et ainsi le vide un troisième attribut exprimant l’être humain. Et de quelle autre substance qui le contiendrait proviendrait le vide, c’est-à-dire une liberté absolue, sinon d’une substance absolument libre ? Et que serait-il, étant absolument libre, sinon substance absolument libre ?

    Notre mémoire, qui est Nature, matière, impulse à la parole la manière de sa sortie. La juste matérialisation de la parole est fonction d'une volonté de la mémoire qui sait ce qu'elle va dire. Sans ce savoir, toute volonté que l'on ait, cela qui se matérialisera dans le monde sera mal amené, mal avancé, ou même sera n'importe quoi. Si l'essence de la parole est la rencontre du vide absolu porté en soi avec la matière, alors, en nous, nous portons le vide absolu. Or le vide absolu n'est en nulle part dans la Nature. Le vide absolu est le dehors de la Nature, la pression qui maintient la matérialité de la Nature dans sa tension. Nous portons en interne le dehors de la Nature et ne cessons pas de l'y faire habiter ("l'" pour vide ou dehors et "y" pour Nature). Dans la Nature, est un plan qui n'est pas "Naturel" - ce plan c'est l'être humain en tant qu'être de la parole.

    Peut-être : - la véritable manière par laquelle le vide absolu a sa place dans la Nature serait l'écriture, qui grave, qui creuse volontairement la Nature. Lorsque on comme nous, écrit, ce qui écrit ce n'est initialement pas notre main mais le vide impulsé. Ce que « je » marque est la Nature vidée. Toute parole est Nature absolument vidée, rendue à son état instable initial, littéralement indésirable pour toute vie sauf pour un être de vie, être humain, car cet être humain est cette passion du vide pénétrant la Nature.

    L'homme a gravé, tracé, fait des sillons avant que d’avoir parler. - Cet avoir lui était dû, puisqu’il l’est. - D'une manière l'écriture a précédé la parole. La perception de l'écriture par l'écriveur a fait pousser en lui la parole.

     

    Il faut du courage pour rentrer dans l’histoire en étant seul à le savoir. Ce type de courage (car il y a une typologie du courage) honore, couronne. C’est un courage qui fait les dieux, et sa malle ne manque pas d’orgueil. Suis-je plus fou que ce que je sais ? Qu’est-ce qu’un corps imaginaire et décidé peut faire ? Listons les fous, listons les écrivains : tout d’abord, il s’agit d’un individu qui a le furieux besoin non pas largement de s’exprimer mais simplement de parler. Furieux le besoin, car il ne parle pas mais gueule, il gueule sa folie furieuse, l’ordonne, la tyrannise, lui fait même peur. Il n’est pas « géni », il est un hurleur. Et hurle parce qu’il veut sauver, tout sauver, au prix de sa peau, de son corps. - Kronos dans sa geôle marine. Les écriveurs le sont, les musiciens le rapportent, les peintres le voient.

     

    Parler sans la vision ni les mains est impossible.

    Parler vient de la vision d’une main inscrivant un message. Et le fond de la parole est ce message. Quelle fut la première inscription ?

    Les signes purs - lettres et chiffres - sont les expressions du vide absolu dans le monde, sa marque.

    Alors, l'Histoire... nous raconte comment le vide absolu s'est installé dans le monde. Nous n'habitons pas la terre. Notre Terre véritable est à la frontière de la Nature et du vide. Nous sommes la frontière, nous sommes le passage, l'interface entre les deux absoluités de l'absolu. Il y a en être humain le tracé parfait.

     

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    Des traits de craie noire, d’épaisseur sans fin, et rien, que le ciel bleu autour.

     

    Il est une chose qui me saisit d'un léger effroi - que toute parole comme toute pensée soit prisonnière d’un pourquoi ou du chemin de réponse dans le pourquoi (du parce que). Effroi que toute parole ne soit que du parce que. La linguistique le dirait certainement, que nous ne parlons que dans le ventre du pourquoi et ne formulons que du parce que. Être pris dans l’enveloppe sans limite de ce pourquoi, croire dire affirmatif lors même que je suis dans le point d'interrogation et le point d’interrogation lui-même, énoncer des assertions cousues en toute part dans le mode interrogatif, être impuissant à pouvoir affirmer autre chose que de l'erreur, de l'illusion, de la fiction, de la mystification, de la bêtise et toutes les formes assez surmenées pour ne plus savoir n’être inspirées que par les formes très bien élevées du mensonge : mal-saintes et mal-saint, génies et génies, flétrissures de matière l’Artiste, - rien ne salue une main qui se prétend de toutes et se tend Une pour toutes.

    Dans cette impression à peine effrayante, quelque chose est qui me fait l'air de participer d'une zone libre : la négation. Déjouer, dénouer, contrarier, me contredire, tout cela provoque en moi l'heureuse sensation d'une modalité libre malgré la cage interrogative de la parole. Se laisser balader vers le code bardé de bordures et ne jamais dire merde mais en elle ne m’y jamais laisser détenu comme un prétendant, comme un prévenu.

     

    Je me terrifie, tout droit.

     

    Lâches-moi ! Tu ne comprends pas que je ne suis pas moi. Est-ce que tu comprends que je ne suis pas moi, la ramasse pathétique d’un « je » par toi? Je ne suis pas moi mais moi, moi, cela que je m’efforce à paraître en « me » détruisant et « me » faisant n’être pas, c’est moi ! Racine, retrait de force, insoumission, rejet de toute liberté. Je ne suis pas le réfrigérateur de tel avenir, je ne suis pas moi ni je, ni certainement moins encore toi.

    _Lui-même il n’est pas ! - éclat de rire de la scène. - Immobilité des spectateurs. – Eclat de rire raté.

    « Que je me dise être fou te lamente, t’énerve même. Mais n’entends-tu comme il ne con-vient que rien dans ce que je dis par « fou », une fleur un paquet irradié d’êtres humains. Le fou pense devoir écrire selon l’optique romantique qui était sans orient. Il y a orient. C’est que rien de tous les systèmes joués par l’esprit ne correspond. Le romantisme doit acter son décès, oser le faire. Je suis malgré moi un romantique, c’est-à-dire celui pour qui connaître c’est voir la nuit. C’est une différence totale. C’est une hyper-raison, un délire vital de la raison, un mauvais fleuve mais jamais un manque de la vie. Je peux même strider comme le requin, comme il s’approcherait de moi : rien n’est évidemment moins extérieur à la ruine que les murs traversés de flore et sa fausse présence sécurisante ralentie vers ailleurs. Si tu n’entends rien de cela, mène ta vérité où se guide la réalité comme un plan total, verte mûre comme une lézarde provençale / pardon : une provençale lézarde. Lâcher, n’empêcher pas, volcaniser. Je ne te suivrai pas, je ne suivrai aucune mise : j’ai une mécompréhension terrible et stupide du pari. Ma mise est mienne, seule, et tout en forme de roue, est hors rouge-et-noir. Le ciel me crache dessus. Je remonte leur arracher la salive blême de rêves trop chargée, arracher l’enfant qui - oui ! l’enfant ! Il fallait y venir ! - me crache dessus.

    _ Héméra a poussé.

    _...Ma parole est retirée. Alors je me dresse une dernière fois et annonce que la foi n’est pas dans la couleur verte mais dans le bleu.

    _Couches-toi…

    _Je ne peux plus parler, malin, une étoile de piteux bergers t’a faite fière, étoile pauvre des matins, vieille porteuse ratée, satanique matinée de tous les maux. Le monde bataille sans fin dans une exorbitante bêtise. Il faut un mort pour donner une conscience, quelqu’un doit mourir pour amener du changement, pour une nullité.

     

    J'avoue avoir parfois cette faiblesse de ne pas toujours prendre mon temps, c'est-à-dire écrire...

     

    Il y a quelque chose comme un rapt, un vole dans l'écrire... - Je me vole à moi-même - je me vole à moi-même le vide.

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    Une personne me faisait part du dépassement de sa voiture, à l'intérieur d'un village et à vive allure, par une autre pleine de « jeunes à casquette ». Nous observâmes que, non content de sa seule assise mythologique chez les seniors, le danger du « conducteur à casquette » prenait désormais en étau l'adulte responsable en se payant également la tête du « jeune ». L’analogie était facile, il ne s’agissait que d’un problème d’époque : les « blousons noirs » ne portaient, généralement, pas de casquette (ou tout du moins autant que fanzi apparut surplombé d’une), c’est tout, et plus avant, on n’était pas assez né à l’époque du fordisme explosant pour conduire à son vieil âge une voiture, et si jamais, il n’y avait pas ces routes lieuses de toutes les villes et tous les villages qui sont à présent. J’admets avoir fait ellipse d’une génération, mais elle est précisément celle des « vieux à casquette ».

    Pourquoi cela m’intéresse ? On fait du vieux à casquette un bouc émissaire de la mauvaise conduite, uniquement parce que l’on n’a pas eu encore possibilité temporelle de voir d’autres mal conduire. Or, désormais, c’est possible. Donc : ce n’est pas être vieux à casquette qui fait le mauvais conducteur.

    Au reste, je suis dans une incompréhension qui me désole face à cette adrénaline pure de la vitesse, et du concours de vitesse(s, donc). Ainsi les « jeunes à casquettes » sont pour mon compte une sorte d’énigme. Je pense qu’il est mieux intéressant de percevoir les choses qui nous emmerdent comme de joyeuses énigmes, plutôt qu’en les jugeant et rangeant dans un tiroir parfaitement stéréotypé, quitte à en couper les pieds voire les bras pour que ça rentre.

    En toute relativité je ne parlerai sûrement pas de moi. Enfant, et jusqu’à mes 15 ans, j’étais un peu comme cet auto-stoppeur que prennent Duke et son avocat dans Fear and loathing in Las Vegas. Je n’ai pas encore trouvé meilleure comparaison. Puis les rôles se sont doucement inversés, quant aux intentions profondes : je devenais conducteur plutôt que conduit, et je menais un drogué vers un monde d’où la drogue était absente. En somme deux utopies. Je devenais Duke et me regardais à l’arrière, souriant et perdu. Là, j’étais perdu mais au moins je savais que je n’allais nulle part, aussi étais-je devenu droit. Je gardais toujours ma position spectatrice, de celui qui est à l’arrière, mais puisque que mon conducteur était ma propre vie, j’étais, en somme, une caisse hyper cool, toujours méfiante cependant, non pas quant à l’excès mais quant à mes sources d’excès. Certains, comme elle L. n’aiment pas le chant des tourterelles turques. Pour moi c’est le chant de mon enfance heureuse à la campagne. Qui le croira ? : comme une cinquantaine de fois, je me suis à l’instant écorché la main au sang à l’endroit exact d’une longue écorchure faite hier ! Ma première idée de la voiture était que c’est très compliqué, et aussi le sens de l’orientation qu’implique la longueur des distances parcourues grâce à cette vitesse. Ma seconde idée, lorsque je passais mon permis, était que c’est hyper dangereux de conduire. Je ne voyais pas quel motif aurait pu retenir quelque automobiliste timbré de griller un stop ou bien un feu rouge et me rentrer dedans. Toute la législation de la conduite me paraissait complètement factice et irréelle. Ils étaient tous sourds et fous, et moi j’étais fou mais bien gai ! Je conduisais toujours avec préscience, celle guidée par l’idée que quelqu’un pourrait enfreindre la règle. Aussi ma conduite dans la règle était-elle guidée par la compréhension de l’irrégulier, et toute bonne conduite dans la règle en est une presque toute emplie de recompositions relatives à l’irrégularité potentielles, jusqu’à l’indistinction.

    Un Futurisme point en nous. Il s’agit de le trouver. Tout est bon à écrire qui paraît nécessaire à écrire. Il m’aurait été facile d’écrire sur mon chien, sur sa vitesse de réaction. Mais ça n’est pas le sujet le bon. Seul : le problème de la vitesse. La vitesse de mon chien haletant, mes doigts larmoyant posés contre sa truffe tandis que le vétérinaire l’extrait de mon odeur rassurante et de sa peur. Ca sera pour un autre jour, quand j’aurai franchi trois chaînes de montagnes, disons. Et mon chien meurt. Je méprise les personnes qui ne font pas l’effort de comprendre les chiens. - Je méprise les personnes qui ne font pas d’effort. Je préfère les tarés du monde animal à ceux qui n’entendent rien d’autre qu’un pas humain quand une branche se casse au milieu de la forêt. Qu’ils portent donc des casquettes et cessent de nous faire chier avec leur terreur d’eux-mêmes : c’est bon, le solipsisme ! On connaît tous Descartes !

     

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    Je n’ai pas eu de crise d’adolescence (la rébellion du lion). – Donc, sans doute en suis-je une, qui continue d’aller en elle-même comme toute crise veut aller au bout d’elle-même. Nous devrions tous avoir été des enfants qui désormais allons au bout de la crise. Il n’y a pas « d’adulte » après l’enfance, il y a une crise et tout n’est plus que dévalement autant qu’élévation de l’esprit.

     

    Les fous de leur caisse et de la vitesse de leur caisse sont des points d’interrogation de la Vie.

     

    Ne faites pas de moi un ami, je suis un mensonge, un malade, une honte, je n’atteindrai jamais tous les corps, seule la vie : elle est seule.

     

    La vie est généreuse. J’ai de la chance. - Presque toutes les personnes que jusqu’alors j’ai rencontrées et qui sont devenues mes amis envisageaient toutes cette multiplication des lignes et des angles, cette ombre en puissance derrière l’apparence et les cordes lumineuses qui happent le présent jeunes et fraîches de ténèbres fécondent l’avenir. On ne se défait pas de cette envergure, on baise, parce que ça donne le beau, et le rire, et parole à l’esprit. Cette envergure, je baise, je suis un gland, participe de l’être intégral, et ce que l’esprit enclenche dans l’être intégral ne s’arrête jamais, revient périodiquement, sous quelque forme même penchante ou frétillante sur le calvaire d’une idée morte à tous les carrefours des sentes pluvieuses enivrées d’Arbois. Ejacule sur le corps.

     

    Percevoir là où les choses deviennent inutilement trop compliquées, où ça devient vraiment du temps perdu, ou du temps passé à passer le temps dans l’illusion des différences de temps (spatialité – calendrier). Zéro. S'épuiser dans des conflits : rien que ça c’est de la pub. – S’épuiser dans des stéréotypes, tout sauf s’épuiser dans des stéréotypes… Être une caricature, la pire chose.

     

    Il ne suffit pas de tenir – vient un moment où l’on ne tient plus. Alors, ce moment passé, on se relève. Pour se relever il faut tomber. Epouille-moi.

     

    J'étais ami avec presque tout le monde, de manière parfaitement égale et sincère. Ce n’est que le temps des expériences commune, et donc la fabrication d’une communion temporelle, qui intensifie la com-préhension de certains amis, qui l’intensifie au sein de la toile sans fin de l’égale amitié.

    De quelle vibration et de quelle corde de la Vie provient l’heureuse égalité-d’être-avec-autrui ? – De celle dont provient l’égalité. Leur lien complexe et ontogénétique est celui de l’empathie, qui est une composition (un corps, soi,…) recomposée à l’égalité de la différence (… autrui…)

    C'est très curieux la curiosité. C’est vraiment quand on sent, exactement comme on flaire, le profond dans la surface. Le curieux sait que le profond c’est tout ce qui apparaît à la surface, l’épiphanie des rencontres. La curiosité consiste dans le plaisir à faire la différence mystérieuse et pudique jaillir à la surface, pour le dire à la romantique allemande : les puits devenir fontaines.

    L’instinct de connaissance délire par l’anticipation du plaisir qu’il prendra à voir l'éjaculation de l'autre. Autrui comme éjaculation de l'être.

     

    J'entendrai ici sous le terme de "penser" toute la réalité d’ordre mentale. - … Bien, je n’ai rien à dire…

    par Clamence - tags : Disparité 3

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